Ils radinent, se pressent, se bousculent, sur la ligne de départ de la course à la présidentielle. Tous ceux qui se rêvent en calife, fébriles, sont prêts à tout promettre pour aspirer les espoirs sur leur nom. Ont-ils un programme ? Inutile. C’est moins une question de projet qu’une réponse d’égo. Ce devrait être un grand rendez-vous démocratique déterminant pour le bien-être des Français dans leur pays, c’est un spectacle, une pantomime, une farce. Et pire, une tromperie. Neuf mois durant, les pieds nickelés vont multiplier les pataquès. Nous sommes donc fondés à caricaturer et grimacer.
Telle est l’intention du Père Siffleur & son Chien Gentil, membres galopins du parti d’en rire. Lisez (avec modération démesurée) nos Chroniques de la ZONE turbulente.
Plus de trente aspirants au titre de président de la république lorgnent sur les suffrages des Français, seuls sésames susceptibles de leur ouvrir les portes de l’Élysée. D’autres encore se tâtent. À quoi rime cet embouteillage devant le 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré ? Que signifie cette profusion de vocations ? Est-ce un indice de vitalité démocratique ou le symptôme de la faillite du présidentialisme à la française ?
Les anciens se souviennent que Le Pen père dénonçait le monopole sur le débat public de la «bande des quatre»*. Elle était composée de deux radicaux, un de droite (Chirac) et un de gauche (Marchais) et de deux modérés, un de droite (Giscard d’Estaing) et un de gauche (Mitterrand). Les termes «modérés» et «radicaux» sont bien sûr à replacer dans le contexte de l’époque.
Trois de ces chefs de parti ont été élu président avec suffisamment de députés au Palais Bourbon pour gouverner. Faut-il ajouter qu’en ce temps-là, l’Élysée et Matignon disposaient du pouvoir de «changer la vie».
La mondialisation et l’Europe n’ont eu de cesse de grignoter leurs prérogatives. Leurs mains ne sont plus libres. Tout leur est interdit : dévaluer, dépasser les limites du déficit autorisé, privilégier les règles et les orientations françaises aux oukases européens, empêcher les délocalisations etc…
Aujourd’hui le Chef qui cheffe ne pourrait plus dire les vérités que De Gaulle assénait sans barguigner : «La guerre, c’est comme la chasse, sauf qu’à la guerre, les lapins tirent». – «La réforme oui, la chienlit non». «Le difficile n’est pas de sortir de l’X mais de sortir de l’ordinaire». – «Vive le Québec libre…».
* La traduction 2027 de la «bande des quatre» ce serait les «chimères» intransigeantes, Le Pen contre Mélenchon et les Don Quichotte pondérés, Glucksmann contre de Villepin. Et l’un des deux raisonnables serait élu. Reste que le mirage qui mobilise tant d’envies ouvre des perspectives au champion de chacun. Problème : le futur lauréat sera le favori d’une poignée, donc insuffisamment légitime. Nouvel immobilisme en vue. Perso, je me réjouis que Natacha Polony joue les outsiders.
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